C’était une femme vraiment badasse pour son époque. Elle est née vers 1907 dans une Tunisie colonisée, et elle a grandi en voyant les injustices autour d’elle. Son père est mort pendant un pèlerinage à La Mecque, et malgré ça, sa mère a toujours cru en son potentiel et l’a encouragée à apprendre. Habiba a eu la chance d’aller à l’école française, ce qui n’était pas du tout évident pour une fille musulmane à ce moment-là.
Plus tard, elle travaille comme greffière au tribunal de Tunis, et elle rencontre un avocat, Abderrahmane Menchari, qu’elle finit par épouser. Lui aussi la soutient à fond dans ses idées.
Habiba Menchari était membre de la section féminine de la SFIO (Parti socialiste français).
→ Son engagement politique allait au-delà du simple féminisme : elle était ancrée dans une idéologie de gauche, socialiste.

Critique du voile comme symbole d’oppression
Lors d’un discours le 8 janvier 1929, à visage découvert, elle a déclaré :
« Nous ne voulons plus de ce voile … parce qu’il est le symbole de la servitude dans laquelle nous vivons et de la misère matérielle et morale … »
En l’associant à la « servitude » et à la « misère matérielle », elle lie la libération des femmes à des questions sociales / économiques, pas seulement culturelles ou religieuses.
Une vision très socialiste : l’émancipation passe par des transformations structurelles (reconnaissance de droits, éducation) et non juste par des réformes symboliques.
Dimension anticoloniale et de justice sociale
Dans son discours, elle fait le lien entre la condition des femmes et la « misère » mise en parallèle avec la dépendance à l’étranger.
Opposition à la polygamie
Dans son discours, elle s’en prend aussi à la polygamie, qu’elle voit comme une institution patriarcale oppressive pour les femmes.
Cela montre qu’elle défendait l’égalité profonde dans les relations de genre, pas seulement un droit superficiel.
Promotion de l’éducation comme levier d’émancipation. Pour elle,
la « libération de la femme tunisienne doit surtout passer par l’éducation ».
Elle n’a pas seulement une vision féministe :
Elle critique aussi les effets du colonialisme sur sa société, ce qui s’inscrit dans une pensée socialiste / progressiste plus large (libération des femmes + libération nationale + justice sociale). Même Habib Bourguiba, qui deviendra plus tard très célèbre, s’oppose à elle à ce moment-là.
Après la Seconde Guerre mondiale, Habiba se retire un peu de la vie publique, mais elle continue à réfléchir et à s’inquiéter pour l’avenir de la Tunisie, surtout à propos de l’identité arabo-musulmane et de comment les femmes peuvent être plus libres.
Elle joue aussi un rôle dans la vie de sa fille, Leïla Menchari, qu’elle encourage énormément.
Et même auprès d’autres jeunes : elle aide des jeunes passionnés comme le couturier Azzedine Alaïa à se lancer à Paris.
Son engagement politique allait au-delà du simple féminisme : elle était ancrée dans une idéologie de gauche, socialiste.
Enfin, elle meurt en 1961, mais son héritage est énorme : beaucoup la voient comme une pionnière du féminisme en Tunisie Habiba Menchari était membre de la section féminine de la SFIO (Parti socialiste français).
By Sandra
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